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Présentation de l'Inde

Introduction

Le développement actuel des relations franco-indiennes s’inscrit dans le cadre défini lors de la visite d’Etat du Président de la République en Inde, du 24 au 26 janvier 1998, qui a permis de donner une nouvelle impulsion aux relations franco-indiennes et de poser entre les deux pays les bases d’un partenariat stratégique durable.
Celle-ci découle notamment de la volonté française de se rapprocher d’un pays naturellement appelé à jouer un rôle de premier plan avec un grand sens des responsabilités sur la scène internationale.
C’est la raison pour laquelle la France soutient l’accès de l’Inde à un siège de membre permanent au Conseil de sécurité et l’idée d’un ajustement en faveur de l’Inde du cadre de coopération internationale en matière de coopération nucléaire civil.
La priorité attachée au renforcement de la relation entre les deux pays a été confirmée lors de la visite de Manmohan Singh à Paris le 12 septembre 2005 et du Président de la République en Inde les 19 et 20 février 2006.
Les deux pays se sont ainsi engagés à renforcer leur coopération bilatérale dans un large éventail de secteurs, notamment politique, économique, de la défense, spatial, de l’énergie nucléaire civile, de l’éducation et de la recherche, et à multiplier par deux leurs échanges économiques en cinq ans et d’accroître substantiellement les échanges dans les domaines scientifiques et universitaires.
La visite en Inde du Président de la République en février 2006 a également été marquée par la signature d’un accord bilatéral sur la coopération dans le domaine de la défense.
Le développement des relations franco-indiennes se poursuit dans plusieurs enceintes. La principale est le dialogue stratégique qui réunit deux fois par an le Conseiller diplomatique du Président de la République et le Conseiller pour la sécurité nationale indien (la dernière réunion s’est tenue en septembre 2006). Un haut comité pour la coopération de défense se réunit une fois par an (la dernière réunion a eu lieu en novembre 2005). Une commission mixte se tient régulièrement. Plusieurs groupes de travail conjoints lui sont rattachés (énergie, transport, développement urbain ...). Il existe enfin un Forum d’Initiative Franco-Indien réunissant divers représentants de la société civile des deux pays (chefs d’entreprise, artistes, chercheurs ...).

Histoire

Inde Carte

Les abris sous roche peints à l'âge de pierre à Bhimbetka dans le Madhya Pradesh constituent les traces connues les plus anciennes d'implantation humaine en Inde. Les premières installations permanentes découvertes à ce jour apparaissent il y a 9 000 ans, et les anthropologues pensent qu'elles relèvent de populations de type veddoïde. Puis une civilisation brillante, l'une des plus anciennes connues à ce jour, se développe dans la vallée de l'Indus et atteint son apogée entre le XXVIe siècle av. J.-C. et le XIXe siècle av. J.-C.: les historiens pensent qu'elle est due aux populations dravidiennes du nord, dont les Brahouis actuels seraient les derniers descendants.

Vers le XVIe siècle av. J.-C., des tribus aryennnes venues d'Asie centrale auraient émigré en Inde du nord et développé la culture védique, mais cette hypothèse est rejetée par certains chercheurs qui notent les nombreuses continuités entre la civilisation de l'Indus et la civilisation védique. Des études génétiques récentes n'ont pas permis de trancher jusqu'ici (certaines confirment, d'autres réfutent la théorie de l'invasion aryenne): il est vraisemblable que, comme dans de nombreux autres exemples de ce type (Étrusques, Mésopotamie, Chine...) les envahisseurs aient en partie imposé leur langue (ici le sanskrit), leur organisation sociale et leurs croyances, mais en adoptant largement la civilisation des autochtones, les deux populations s'assimilant mutuellement.

Au VIe siècle, un vent de réforme religieuse se lève, le bouddhisme et le jainisme fleurissent, ajoutant à la richesse de la culture indienne dans tous les domaines. L'hindouisme classique se développe à partir de la culture védique. Le premier millénaire voit beaucoup de royaumes indépendants se développer puissamment, certains acquérant une stature impériale. La dynastie hindoue des Gupta domine la période que les historiens considèrent comme un « âge d'or » de l'Inde et les Maurya, et en particulier l'empereur bouddhiste Ashoka, contribuent au rayonnement culturel indien. Les arts, les mathématiques, la technologie, l'astrologie, la religion et la philosophie s'épanouissent grâce au mécénat royal.
Le Taj Mahal a été édifié à Agra sur ordre de l'empereur moghol Shah Jahan, comme mausolée pour son épouse préférée Mumtaz Mahal
Le Taj Mahal a été édifié à Agra sur ordre de l'empereur moghol Shah Jahan, comme mausolée pour son épouse préférée Mumtaz Mahal
À partir du VIIe siècle de notre ère, les petits royaumes se multiplient et s'affrontent, jusqu'à la conquête musulmane entamée au XIIe siècle par Muhammad Ghori et ses troupes venues d'Asie Centrale. Ainsi, durant le deuxième millénaire, la plupart des régions de l'Inde sont assujetties à un pouvoir musulman, le sultanat de Delhi puis à l'Empire moghol. La phase de conquête est longue et sanglante : (de 1000 à 1525, 80 millions d'hindous ont été tués). On pense que c'est à cette époque que des groupes de populations nomades indiennes, les ancêtres des Rroms, ont quitté le pays pour se diriger vest le nord-ouest jusqu'en Europe. Néanmoins quelques royaumes hindous, comme le royaume de Vijayanâgara, subsistent et prospèrent. Avec l'arrivée au pouvoir de la dynastie moghole initiée par Babur, descendant de Tamerlan, qui avait vaincu son principal rival lors la bataille de Panipat en 1526, l'Inde se transforme en un vaste empire, stable et prospère, qui s'étend du Turkestan jusqu'au Bengale et dont le rayonnement politique et intellectuel impressionne ses homologues contemporains.

Durant le règne des empereurs moghols, et plus particulièrement sous l'impulsion d'Akbar, de profondes réformes sont entreprises. Dans le domaine politique, les prémisses d'un état moderne apparaissent : l'administration s'organise en un système décentralisé de provinces gouvernées par des princes nommés par l'empereur et où l'impôt est levé, et une institution judiciaire est mise sur pied. C'est encore Akbar qui met en place une politique de tolérance religieuse envers les Hindous, ce qui conduit entre autres au développement d'une culture spécifique dont l'ourdou, langue issue du persan et de l'hindoustani est un des résultats. En matière d'art et d'architecture, les empereurs moghols se révèlent de grands mécènes et des promoteurs éclairés, et c'est durant cette période qu'est édifiée ce qui reste comme la plus belle réalisation architecturale de la période, le Taj Mahal. Cependant, l'empire se délite progressivement à partir de la mort de l'empereur Aurangzeb en 1707, sous l'effet de luttes interminables pour le trône entre branches rivales de la dynastie.

Entamée avec la création de Goa par les Portugais en 1510, l'arrivée des commerçants français, néerlandais, anglais (puis britanniques) précipite le déclin de l'empire, tant ces derniers tirent profit de la division politique du sous-continent en installant des comptoirs, avant de les coloniser. Les Britanniques triomphent successivement de leurs rivaux européens puis des pouvoirs princiers locaux grâce à la force militaire et l'économie de comptoirs florissante de la Compagnie des Indes orientales, et parviennent à asseoir leur domination sur l'Inde dès la moitié du XIXe siècle. Ils établissent alors une puissante administration coloniale placée sous la responsablité directe de la Couronne britannique.

En 1857, la révolte des Cipayes, des soldats indiens au service des Britanniques, se transforme en soulèvement populaire général contre la puissance de la Compagnie anglaise des Indes orientales. Les Indiens considèrent cette révolte comme la première guerre — infructueuse — d'indépendance.

Après la révolte, les mouvements indiens nationalistes se forment et s'organisent dès la création du Congrès national indien en 1885 et commencent à exiger une indépendance complète. L'influence du mouvement ne cesse de s'accroître durant la première moitié du XXe siècle, mais n'est pas exempt de désaccords, notamment entre Hindous et Musulmans. Le 15 août 1947, l'Inde accède finalement à son indépendance, au prix de nombreux sacrifices, grâce aux efforts tenaces des dirigeants du mouvement nationaliste, et en particulier de Nehru et du Mahatma Gandhi. Parallèlement, elle subit une Partition qui donne naissance à un autre État, le Pakistan pour les Musulmans.

La période qui suit est dédiée à la construction de la nation. Nehru est le premier dirigeant de l'Inde indépendante. Il met en place une économie planifiée et qui tend à l'auto-suffisance, notamment en mettant l'accent sur la réforme de l'agriculture. En politique extérieure, il promeut le mouvement des "non-alignés" pendant la guerre froide. Après 1947, l'Inde participe par ailleurs à quatre guerres contre son voisin le Pakistan dont le statut du Cachemire constitue la principale motivation. De 1975 à 1977, le Premier ministre Indira Gandhi déclare l'état d'urgence, limitant les droits civiques et entraînant la mise en détention de nombreuses personnes sans procès. Si la démocratie est rétablie au début des années 90, la destruction de la Babri Masjid d'Ayodhya en 1992 entraîne plusieurs conflits intercommunautaires en Inde occidentale. En 1999, l'Inde mobilise ses troupes dans le district de Kargil au Cachemire pour repousser des infiltrations de terroristes islamistes et de rebelles indépendantistes kashmiris venus du Pakistan.



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Données généraleDonnée générale

Données géographiquesDonnées géographiques

Nom officiel : République de l’Inde

Superficie : 3 287 263 km2
Population : 1 080 millions (estimation 2006)
Capitale : New Delhi (12,8 millions d’habitants)
Villes principales : Bombay, Calcutta, Madras, Bangalore, Hyderabad, Lucknow.
Langues officielles : anglais et hindi ; la Constitution reconnaît dix-huit langues de l’Inde : assami, bengali, gujerati, hindi, kannada, cachemiri, konkani, malayalam, manipuri, marathi, népali, oriya, penjabi, sanskrit, sindhi, tamoul, telugu, ourdou.
Monnaie : Roupie (1 euro = 56 roupies - mai 2007)
Fête nationale : 26 janvier (jour anniversaire de la Constitution indienne)

Données démographiquesDonnées démographiques


Croissance démographique : 1,55 % (estimation 2006)
Espérance de vie : 63,3 ans
Taux d’alphabétisation : 61 %
Religions : hindouisme (82 %), islam (12 %), christianisme (2,2 %), sikhisme (1,9%), bouddhisme (0,7 %), jaïnisme (0,5 %), zoroastrisme, judaïsme
Indice de développement humain : 126ème (2004) (Bangladesh 137ème, Pakistan134ème, Chine 81ème)

Données démographiquesDonnées économiques

PIB : 798 Mds dollars des Etats-Unis (2005-2006)
PIB par habitant : 676 dollars des Etats-Unis (2005-2006)
Taux de croissance : 8,4 % en 2005-2006, 7,5 % en 2004-2005
Taux de chômage : 7,3 % (2004)
Taux d’inflation : 4,1 % pour les prix de gros, 4,4 % pour les prix à la consommation (2005-2006)
Solde budgétaire : - 4,5 % du PIB (Etat central/ 2005-2006)
Balance commerciale : - 6,5 % du PIB (2005-2006)
Principaux clients : Etats-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Chine,
Principaux fournisseurs : Etats-Unis, Royaume-Uni, Chine, Allemagne, Japon

Part des principaux secteurs d’activité dans le PIB, en 2005-2006 (% en 1996) :
- Agriculture 20 % (31%)
- Industrie 26 % (28%)
- Services 54 % (41%)

Exportations françaises vers l’Inde : 2 533 M € en 2006 (1 837 M € en 2005)
Importations françaises de l’Inde : 2 490 M € en 2006 (2 106 M € en 2005)
Consulats de France : Bombay, Pondichéry
Communauté française : 8 300 (dont 7 100 à Pondichéry)
Communauté indienne en France : 10 700 titulaires d’autorisation de séjour

Géographie

image du inde
L'Inde occupe la majeure partie du sous-continent indien, qui est placé entre la plaque tectonique de l'Inde et la partie nord-ouest de la plaque indo-australienne. Une partie du territoire des États du nord et du nord-est de l'Inde est située dans le massif de l'Himalaya. Le reste de l'Inde septentrionale, centrale, et orientale est occupé par la zone fertile de la plaine indo-gangétique. Dans la partie occidentale, bordée par le Pakistan du sud-est, se trouve le désert du Thar. L'Inde méridionale se compose presque entièrement du plateau péninsulaire du Deccan, flanqué de deux massifs côtiers au relief accidenté, les Ghats occidentaux et les Ghats orientaux.

De grands fleuves et rivières, tels le Gange, le Brahmapoutre, la Yamunâ, la Godâvarî, la Narmadâ, la Kaveri traversent le pays. L'Inde possède par ailleurs trois archipels : les Laquedives, qui se trouvent au large de la côte du sud-ouest ; la chaîne volcanique des îles d'Andaman et de Nicobar au sud-est, et les Sunderbans dans le delta du Gange au Bengale occidental. Le climat en Inde varie de tropical dans le sud à plus tempéré dans le nord de l'Himalaya, où les régions montagneuses reçoivent les chutes de neige continues en hiver.
Les îles Andaman
Le climat de l'Inde est fortement influencé par l'Himalaya et le désert de Thar. L'Himalaya et les montagnes de l'Hindu Kouch au Pakistan, font obstacle aux vents catabatiques venus d'Asie centrale et les empêchent ainsi de pénétrer dans le continent, ce qui préserve la chaleur dans la majeure partie de ce dernier, contrairement à la plupart des régions situées à la même latitude. Le désert du Thar, quant à lui, attire les vents humides de la mousson d'été qui, entre juin et septembre, est responsable de la plus grande partie des précipitations de l'Inde.

L'Inde est une fédération d'États qui ont chacun un parlement et un gouvernement. Il y a vingt-huit États, six territoires, et le territoire de la capitale New Delhi (New Delhi Capital Territory).

La superficie de l'Inde est de 3 287 590 km². Délimitées par le Pakistan, l'Afghanistan, la Chine, le Népal, le Bhoutan, le Bangladesh, la Birmanie, les frontières indiennes sont longues de 15 000 km.







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durée du vol avionLiaisons avec la France

1250 km séparent Paris de Copenhague. Les compagnies Air-France et S.A.S. assurent un service régulier, avec plusieurs dessertes quotidiennes entre les deux capitales (durée : 1h40) et plusieurs villes de province. Des vols charter sont proposés toute l année. Par la route, la durée du voyage est de un jour et demi (environ 16 heures).

Economie

image du danemark
L’économie indienne jouit d’une croissance annuelle forte : 6 % en moyenne sur les 10 dernières années, plus de 8% depuis 2005. L’Inde est appelée à devenir l’une des quatre premières économies mondiales d’ici une vingtaine d’années. La croissance de sa population (première puissance démographique à l’horizon 2030 avec 1,5 milliards d’habitants environ) et de son économie en fait en marché incontournable. L’Inde a notamment su surmonter deux de ses faiblessestraditionnelles :

- 1/ l’inflation a été fortement réduite et un rythme annuel autour de 4-5 % semble s’installer. Elle reste cependant dépendante de l’évolution des prix agricoles (évolution des stocks, variation de la demande mondiale) et de la mousson ;

- 2/ les soldes financiers ont pu être rétablis dans une certaine mesure, bien que la forte croissance des exportations (+ 25 % 2001-2002 ; + 19 % 2002-2003 ; + 15 % en 2003-2004) n’ait pas empêché le déficit commercial indien de se creuser : 6,5 % du PIB en 2005-2006. Dans le même temps, les flux d’investissements étrangers directs augmentent (3,7 Mds dollars en 1998, près de 7 Mds en 2004 - pm : 50 Mds de dollars par an en moyenne pour la Chine).

Des faiblesses structurelles demeurent cependant. L’Inde est toujours un pays en développement. Son indice de développement humain (IDH établi par le PNUD) le classe au 126ème rang (sur 177 pays). Les autorités doivent aussi poursuivre les réformes économiques afin de desserrer le goulet d’étranglement que constitue l’insuffisance des infrastructures et afin de moderniser le cadre juridique existant. Il s’agit, avec la lutte contre les difficultés qui frappent le monde agricole (endettement, archaïsme des modes de production, etc.) des chantiers prioritaires de l’actuel gouvernement.

Dans le même temps, une réforme du système fiscal (l’Etat central ne prélève que 9 % du PIB, soit l’un des taux les plus faibles de la planète) avec notamment la généralisation de la TVA (prévue dans la loi de finances 2005/2006) et la réduction des contraintes pesant sur l’investissement étranger dans certains secteurs (aéroports, assurances, etc.) doivent permettre d’assurer le financement de ces mesures et de maintenir un taux de croissance élevé.



Ministères des affaires étrangères et europénnes Ministère des affaires étrangères et européennes

Politique

image du danemark
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Politique extérieure

- La première priorité de l’Inde est de voir reconnu son statut de puissance mondiale et responsable

Candidate à un siège permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies avec l’Allemagne, le Brésil et le Japon (soutien mutuel depuis octobre 2004 au sein du G4), elle entend apparaître comme un acteur de premier plan sur la scène mondiale. Si la décision du Japon début 2006 de ne pas co-parrainer le nouveau projet de résolution déposé par les trois autres membres du groupe (Tokyo ne quitte toutefois officiellement pas le G4) fragilise la démarche engagée, la candidature indienne reste une priorité pour New Delhi.

Depuis les essais nucléaires auxquels l’Inde a procédé, le 11 et le 13 mai 1998, l’Inde insiste sur le fait qu’elle est une puissance nucléaire « responsable » et qu’elle ne participe pas à des activités de prolifération nucléaire. Si elle n’a pas adhéré au traité d’interdiction complète des essais, elle a ratifié en avril 2005 la convention de 1996 sur la sûreté nucléaire et a indiqué en juillet 2005 être prête à travailler à la conclusion d’un éventuel accord multilatéral sur l’arrêt de la production de matières fissiles (déclaration conjointe du 18 juillet 2005 du Président Bush et du Premier ministre Manmohan Singh). Aujourd’hui, l’Inde cherche à obtenir une évolution des règles d’exportation des biens nucléaires, tout particulièrement au sein du Groupe des Fournisseurs Nucléaires dont les directives limitent les coopérations dans le domaine du nucléaire civil avec les pays non signataires du Traité de Non-Prolifération nucléaire.

- Depuis le milieu des années 1990, la diplomatie indienne multiplie les efforts d’ouverture sur l’extérieur.

Les Etats-Unis se sont engagés dans une redéfinition de leur politique en Asie du Sud dès la fin de l’année 1997. La visite du Président Clinton en Asie du Sud en mars 2000 a permis de consacrer le renforcement des liens entre l’Inde et les Etats-Unis. Cette évolution est favorisée par les communautés importantes de NRIs (Non Resident Indians) présentes aux Etats-Unis (2 millions de personnes). Ce rapprochement s’est confirmé avec le Président Bush. Les sanctions décidées à la suite des essais nucléaires ont été levées partiellement dès l’automne 1998, puis totalement en 2001, et la coopération militaire américano-indienne renforcée. Malgré les craintes qu’il suscite en Inde, le partenariat développé par les Etats-Unis vis-à-vis du Pakistan, après les attentats du 11 septembre 2001, ne remet pas en cause la relation de long terme établie avec New Delhi. Par delà l’alternance politique de 2004, le rapprochement avec Washington reste une priorité de la diplomatie indienne, comme en témoignent l’accord militaire bilatéral signé à l’occasion du voyage aux Etats-Unis du ministre indien de la Défense (juillet 2005) et surtout la déclaration conjointe sur la coopération nucléaire civile adoptée le18 juillet 2005 par MM. Bush et Manmohan Singh.

La Russie demeure un partenaire privilégié de l’Inde. Un sommet annuel réunit les chefs d’Etat et de gouvernement. Le voyage officiel en Inde, du 2 au 5 octobre 2000, du Président Poutine a redonné une forte impulsion à la relation de défense entre les deux pays. Les dernières visites du Président Poutine en Inde (la dernière au mois de janvier 2007) ont marqué la volonté de relancer la coopération dans les domaines stratégiques (acquisitions d’armement, programme de développement conjoint de nouveaux systèmes d’armement, participation indienne au système de navigation Glonass) et de l’économie (dans le domaine énergétique notamment, et de l’énergie nucléaire en particulier). Un accord de sécurité a été conclu lors de la visite à Moscou en décembre 2005 du Premier ministre indien, M. Manmohan Singh, qui devrait permettre d’accroître davantage les échanges dans le domaine de la défense.

L’Inde fait preuve, dans le même temps, d’un intérêt renouvelé pour l’Union européenne, premier partenaire commercial. Le premier sommet UE-Inde a eu lieu à Lisbonne en juin 2000. Lors du 6ème sommet UE-Inde qui s’est tenu à New Delhi en septembre 2005, un plan d’action a été adopté entre l’UE et l’Inde qui fait de ce pays le sixième partenaire stratégique de l’Union (avec le Canada, la Chine, le Japon, les Etats-Unis et la Russie). Le 7ème sommet UE-Inde s’est tenu le 13 octobre 2006. La Commission Européenne devrait entamer prochainement avec l’Inde la négociation d’un accord de libre échange.

L’Inde s’est également rapprochée d’Israël, 2ème fournisseur d’armements (visite du Premier ministre Sharon le 7 septembre 2003), et de la Turquie (visite du Premier ministre indien fin septembre 2003).

L’Inde cherche également à développer ses alliances Sud-Sud :

-avec le Brésil et l’Afrique du Sud au sein du forum IBSA, pivot du « groupe des 21 » (pays en développement organisé face aux grandes puissances commerciales - l’Union européenne, le Japon et les Etats-Unis), qui s’est illustré lors des négociations commerciales de Cancun ;

-avec certains pays africains dans le cadre de l’accord « Team 9 » (Sénégal, Côte d’Ivoire, Tchad, Mali, Burkina Faso, Ghana, Guinée Equatoriale, Guinée Bissau) signé le 1er mars 2004 ;

-plus largement, dans le cadre du mouvement des non alignés.

Enfin, l’Inde entretient de bonnes relations avec l’Iran[1] fondées notamment sur des intérêts économiques. Lors du vote au Conseil des gouverneurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) du 14 septembre 2005 puis du 3 février 2006, l’Inde a néanmoins voté en faveur des résolutions présentées par l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, demandant à l’Iran la suspension complète et durable de toutes les activités liées à l’enrichissement et au retraitement.

- Normaliser ses relations avec ses principaux voisins

Après de fortes tensions en 2001-2002, l’Inde et le Pakistan ont amorcé une normalisation de leurs relations bilatérales. Plusieurs mesures de confiance ont été mises en place (retour des ambassadeurs dans les deux pays, reprise des liaisons aériennes civiles, libération de prisonniers, proposition de concessions commerciales etc.). Le Premier ministre Vajpayee a rencontré le Président Musharraf le 5 janvier 2004. Les deux pays ont décidé de poursuivre ce dialogue sur l’ensemble des différends qui les opposent (‘’dialogue composite‘’), y compris le Cachemire. Une décision symbolique importante a été prise avec l’ouverture, le 7 avril 2005, d’une ligne d’autocars entre Srinagar et Muzaffarabad. Malgré le contexte créé par les derniers attentats commis à Bombay le 11 juillet 2006 ((Bombay en juillet 2006, Malegaon en septembre 2006, attentat contre le « train de l’amitié » le 18 février 2007), le dialogue composite entre les deux pays se poursuit (institution d’un « mécanisme anti-terroriste » conjoint lors de la réunion des « Foreign Secretaries » à New Delhi les 14 et 15 novembre 2006, visite officielle au Pakistan les 13 et 14 janvier du ministre indien des Affaires étrangères, M. Mukherjee).

Concernant les relations avec Pékin, l’Inde et la Chine se sont engagés dans un rapprochement pragmatique, surmontant leurs relations naguère conflictuelles. Les différends frontaliers se normalisent progressivement depuis « l’accord de paix et de tranquillité le long de la ligne de contrôle » de 1993 et la visite historique du Président Jiang Zemin en Inde en novembre 1996. Les deux pays se sont accordés en 2005 sur les « principes » sur lesquels devrait être fondé un futur accord. Les relations économiques entre les deux pays sont par ailleurs en rapide expansion, la Chine étant devenu le second partenaire commercial de l’Inde. Le président chinois Hu Jintao s’est rendu en Inde au mois de novembre 2006. Il s’agissait de la première visite en Inde d’un chef d’État chinois depuis 1996. Les autorités chinoises et indiennes ont rappelé à cette occasion leur souhait de développer les relations entre les deux pays.

Au sein des enceintes régionales, l’Inde cherche à occuper une place plus importante. Elle a cherché notamment à donner un contenu plus substantiel à la coopération dans le cadre de la SAARC[2], et a été l’un des principaux artisans de la mise en place officielle de l’IOR-ARC[3] en mars 1997. L’Inde est entrée au Forum Régional de l’ASEAN (ARF) en juillet 1996. Un premier sommet Inde-Asean a eu lieu en novembre 2002. L’Inde a participé au « sommet de l’Asie orientale » qui s’est tenu en Malaisie en décembre 2005. Enfin, l’Inde a signalé son intérêt pour rejoindre le Dialogue Europe-Asie (ASEM, Asia-Europe Meeting) et devrait intégrer prochainement cette structure.

[1] Un important port indo-iranien en eau profonde est en cours d’aménagement à Tchah-Bahar (Iran). Il constitue le pendant du port sino-pakistanais de Gwadar. L’un et l’autre sont tournés vers les pays d’Asie centrale.

[2] South Asian Association for Regional Cooperation

[3] Indian Ocean Rim - Association for Regional Cooperation



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